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Date : 13 juin 2010
par  Giselle Penat

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LE MELANOME

Les explications des experts réunis à Nice à l’occasion d’un meeting sur le mélanome

VIIème meeting sur le mélanome qui se tiendra à Nice du 16 au 18 juin 2010 grâce au soutien du Cancéropôle PACA, de la ville de Nice et du Conseil Général 06.



En dépit des campagnes de prévention, des messages répétés sur les risques asociés à l’exposition solaire, le mélanome connaît une progression ininterrompue depuis plusieurs décennies : "Le nombre de personnes atteintes, dans notre région comme ailleurs, a doublé en dix ans. La moitié d’entre elles a moins de 55 ans, " souligne le Dr.Philippe BAHADORAN (service de dermatologie du CHU de Nice). Les messages n’ont cependant pas été vains concernant la surveillance des grains de beauté : "La majorité de ces cancers sont aujourd’hui diagnostiqués au stade cutané, ce qui permet de les soigner en réalisant une simple exérèse chirurgicale".

INEFFICACITE DES TRAITEMENTS CLASSIQUES

Vingt pour cent continuent néanmoins d’échapper à ce dépistage précoce : "sur les 8000 mélanomes découverts chaque année en France, 1600 le sont à un stage tardif, lorsqu’ils ont déjà essaimé dans l’organisme. Le pronostic est alors plus sombre", regrette le Dr.Philippe BAHADORAN.
Au stade métastatique, les traitements comme la chimiothérapie classique et la radiothérapie sont peu ou pas efficaces. Depuis plusieurs années, chercheurs et médecins du monde entier explorent de nouvelles pistes thérapeutiques capables de modifier le pronostic redoutable de ces tumeurs.

L’équipe de chercheurs dirigée par le Dr. Robert BALLOTTI (INSERM U895, centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice -

http://webs.unice.fr/c3m/ - voir également article publié en 2009 sur ce même site : http://cancer-familles.medicalistes.org/spip.php?article74)

figure parmi les leaders mondiaux dans ce domaine.

DES MUTATIONS GENETIQUES EN CAUSE

Grâce à un travail de fourmi, mené depuis 3 ans, elle a mis au point un protocole qui permet de classer les mélanomes en fonction des mutations génétiques qu’ils expriment.

"Chaque fois qu’un patient est pris en charge, on analyse le type de mutations présentes dans ses cellules cancéreuses. Selon les résultats obtenus, le patient peut alors être orienté, dans le cadre d’essais cliniques, vers une thérapie dite ciblée, puisqu’elle va s’attaquer au défaut précis, en cause dans le processus tumoral" , développe le Dr.Robert BALLOTTI. " Parmi les patients examinés, 70% expriment la même mutation (b-raf) : Un protocole est en cours depuis plusieurs semaines à Nice qui cible cette mutation avec un médicament déjà utilisé pour d’autres cancers. Il donne pour l’instant des résultats encourageants, mais il est trop tôt pour dresser des conclusions définitives."

L’équipe niçoise ne souhaite pas en rester là. Elle continue de fouiller les gènes pour trouver d’autres mutations en cause et surtout définir des facteurs prédictifs, "plus fins qu’une simple mutation". Les précisions du Dr.Robert BALLOTTI : "On s’est aperçu que certains patients expriment des mutations sans répondre aux thérapies ciblées. Alors qu’à l’inverse, des malades sont répondants même s’il n’a pas été mis en évidence chez eux de mutations. En amont du traitement, on teste donc désormais, in vitro, sur les cellules des patients différentes drogues, ce qui devrait permettre d’affiner encore les thérapeutiques."

Tous les experts aujourd’hui en conviennent : Il y a aujourd’hui, dans le domaine du mélanome, de vraies raisons d’espérer. Mais elles ne doivent pas faire oublier que la meilleure thérapeutique, c’est la prévention.

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Article paru dans le NICE/VAR-MATIN du dimanche 13 juin 2010
Rubrique santé - page 13 -
Article signé Nancy CATTAN - ncattan@nicematin.fr

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Encart : LES FACTEURS DE RISQUE

Le mélanome fait partie de ces cancers pour lesquels on a identifié des facteurs de risque que nous détaille le Dr.Philippe BAHADORAN :

"Les personnes à phénotype clair (roux ou blond avec des tâches de rousseur et une peau laiteuse), qui présentent une incapacité à bronzer et/ou des antécédents personnels ou familiaux de mélanome doivent être particulièrement prudentes."
Viennent ensuite les facteurs de risque dit acquis, liés à nos comportements dont les mieux connus sont "des expositions intermittentes dans l’enfance, avec des coups de soleil répétés".


PS

INSERM U895 - centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice -
http://webs.unice.fr/c3m/ - voir également article publié en 2009 sur ce même site : http://cancer-familles.medicalistes.org/spip.php?article74)

Article paru dans le NICE/VAR-MATIN du dimanche 13 juin 2010
Rubrique santé - page 13 -
Article signé Nancy CATTAN - ncattan@nicematin.fr

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