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Date : 30 décembre 2010
par  Giselle Penat

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OPERER UN CERVEAU EVEILLE POUR EVITER LES SEQUELLES NEUROLOGIQUES

ARTICLE PUBLIE DANS LA RUBRIQUE SANTE

JOURNAL REGIONAL NICE-MATIN/VAR MATIN

Dimanche 31 Octobre 2010 page 17

Article signé : Caroline MARTINAT - cmartinat@varmatin.com



Impossible de deviner qu’il y a un mois et demi, Guillaume Huyghe a été opéré d’une tumeur au cerveau, un gliome de grade III de la taille d’un pamplemousse. Le jeune aide-soignant toulonnais de 33 ans ne souffre en effet d’aucune séquelle : pas de troubles de langage ou d’hémiplégie. Rien. Grâce à une technique révolutionnaire, dite du cerveau éveillé.

Pourtant en lui annonçant le diagnostic, les médecins laissaient peu d’espoir au jeune homme. "Ils ont parlé d’un cas grave, complexe, unique et original."
A ce moment Guillaume a le sentiment qu’on lui fait comprendre qu’il a déjà de la chance d’avoir survécu 13 ans à une première tumeur cérébrale, découverte et opérée lorsqu’il était âgé d’à peine 20 ans, puis à une seconde en 2002, un gliome de stade 3.
Là en 2010, l’opération ne semblait plus envisageable. Sauf que Guillaume a lu, dans la presse, un article consacré à l’incroyable technique du Professeur Duffau, à Montpellier, qu’il contacte rapidement. Dite "du cerveau éveillé" elle consiste à réveiller le patient pendant l’opération, après l’ouverture de la boîte crânienne, pour qu’il collabore avec le chirurgien. L’objectif étant de retirer le plus de tissu malade sans compromettre la qualité de vie du patient.
Tandis que ce dernier est sollicité avec des tests de langage ou de calcul mental, le chirurgien stimule son cortex à l’aide d’une sonde, qui envoie un courant de faible intensité. Quand le patient éprouve une difficulté à répondre, quand il bute sur les mots ou ne les trouve plus, le praticien pose ses repères stériles sur le cerveau : il réalise ainsi une cartographie fonctionnelle du cerveau. Une fois le patient rendormi, il retire la tumeur, non pas en suivant ses contours physiques, mais en respectant les fonctions cérébrales du patient. Avec un résultat convaincant : un risque de séquelles de moins de 1%.

UNE PRÉPARATION PSYCHOLOGIQUE EFFICACE

"J’ai été opéré le 19 juillet, raconte Guillaume. Pour cette opération, la participation du patient est essentielle et la mienne a été d’autant plus efficace que j’avais eu un répit de deux mois, qui m’a laissé le temps de me préparer avec un psychologue. J’appréhendais la douleur mais le cerveau est totalement indolore. Je n’ai absolument rien senti. Le seul désagrément finalement, c’était ma tête fixée sur la table".

Sans cette intervention, l’espérance de vie du jeune home était brève. Désormais, elle est suspendue à l’évolution du petit centimètre cube de tumeur qui reste dans sa tête. "Je sais qu’elle peut grossir à nouveau et qu’il n’est plus possible de me réopérer, sauf en me condamnant à une hémiplégie gauche totale. Mais il reste la possibilité de freiner cette évolution avec une chimiothérapie. Ce n’est pas facile quand on a mon âge et deux enfants en bas âge. Mais le chirurgien a su instaurer un véritable climat de confiance qui fait que j’ai bien vécu cette intervention et le diagnostic."

C’est cet incroyable résultat qui l’a poussé à témoigner.
"Je pense qu’il est indispensable de faire connaître cette technique. Dans mon métier, je disais souvent aux malades de ne pas baisser les bras, de toujours y croire. Je ne croyais pas si bien dire !"

Caroline MARTINAT - cmartinat@varmatin.com

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