Cancer familles
Cancer familles

Listes de discussions Cancer-Familles et Cancer-Deuil-Soutien

Brèves

  • CANCER DU POUMON

    Le lundi 30 avril

    CANCER DU POUMON - TRAITEMENTS CIBLES En 2009, le Professeur Paul Hofman, (anatomopathologiste - Hôpital Pasteur à Nice/06) évoquait dans les (...)
  • CANCER : DEJOUER SON AGRESSIVITE

    Le lundi 30 avril

    CANCER : DEJOUER SON AGRESSIVITE C'est une avancée significative dans l'offensive contre le cancer qui vient d'être accompli par une équipe de (...)
  • DETECTION DU CANCER PAR LES CHIENS

    Le samedi 23 avril

    Les chiens détectent les cancers humains Des détections meilleures par les chiens que par les machines ? http://www.suite101.fr/content/les-chiens-dep
Date : 17 septembre 2005
par  Cancer-famille

Accueil > Bloc infos  > Cancer de l’uterus

LES CANCERS DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ

D’après la ligue contre le cancer


Mots clefs associées

Cancer de l’Utérus , Cancers de l’ovaire

Les cancers de I’appareil génital féminin sont avec les cancers du sein et les cancers digestifs les trois grands cancers féminins. Chacun de ces trois groupes représente 1/4 de mortalité par cancer. Toutes les autres localisations réunies totalisent les 25% restants. En préambule à l’étude des cancers de I’appareil génital féminin, nous répondrons à deux questions :

QUI APPELLE T -ON APPAREIL GÉNITAL ?

- un certain nombre d’organes sont réunis sous le terme général appareil génital, ce sont :
- la vulve et le vagin,
- I’uterus,
- les trompes et les ovaires.

- L’uterus est un muscle creux a parois épaisses, il est divisé en deux parties :
- une partie basse que I’on peut atteindre au fond du vagin : c’est le col de I’utérus,
- une partie plus haute : c’est le corps de I’utérus, organe à forte musculature destiné à un accroissement de volume considérable pendant la grossesse.
- Les ovaires sont deux glandes profondément situées dons la cavité pelvienne. L’ovaire a deux fonctions : sécréter les hormones et pondre I’ovule qui sera acheminé dans I’utérus par I’intermédiaire des trompes.

QUELS SONT LES CANCERS DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ ?

Pour I’appareil génital, les tumeurs sont relativement rares au niveau de la vulve, du vagin et de la trompe ; par contre, elles sont fréquentes sur trois organes qui feront I’objet principal de notre étude :
- le col utérin
- le corps utérin
- les ovaires

Les statistiques de mortalité établies par I’INSERM donnent les chiffres de référence pour 1986 :
- sein 9.500 décès
- colon rectum 7.400 décès
- utérus 3.400 décès
- estomac 2.900 décès
- ovaire 2.900 décès.

On voit I’importance, dans ce classement, du cancer de I’uterus et de I’ovaire.

LES CANCERS DU COL DE L’UTÉRUS

Le cancer du col de l’uterus est l’un de ceux pour lesquels il y a eu les plus grandes modifications au cours des 20 dernières années. On constate en effet :

  1. qu’un test de dépistage existe, simple, non douloureux, efficace : le frottis vaginal.
  2. que ce test de dépistage permet également de reconnaître les états précurseurs du cancer du col utérin : ces maladies, appelées dysplasies, précèdent le cancer de 5 ans ou de 10 ans. Leur traitement permet d’éviter le cancer invasif du col utérin. Ce mécanisme de lutte contre le cancer est appelé par l’Organisation Mondiale de la Santé : Prévention secondaire en comparaison avec la Prévention primaire qui concerne la suppression des cancérogènes (par exemple la lutte contre le tabagisme fait partie de la prévention primaire).

LES CAUSES

Le cancer du col utérin est favorisé par les infections génitales. On a note, dons les dernières années, une augmentation nette de fréquence, en relation directe avec l’augmentation du nombre de maladies sexuellement transmissibles. L’âge aux premiers rapports et surtout la multiplicité des partenaires jouent un rôle favorisant. Ceci a fait écrire a tort que le cancer du col utérin pouvait être considéré comme une maladie sexuellement transmissible comme si les malades qui en étaient atteintes étaient contagieux. En réalité, ce qui est contagieux, c’est I’infection virale du col utérin.
Auparavant, on considérait que le principal responsable était le virus de l’herpes génital ; on sait aujourd’hui qu’il s’agit de papilloma virus. les lésions provoquées par ces virus sont appelées condylomes. Un fait capital, pour comprendre ce cancer, est celui-ci :

ENTRE LE COL UTÉRIN SAIN ET LE COL CANCÉREUX, IL EXISTE UN CERTAIN NOMBRE D’ÉTATS INTERMÉDIAIRES.

On peut admettre schématiquement qu’il y a une filiation :
- col sain
- col inflammatoire (condylomateux)
- col dysplasique
- état précancéreux
- cancer infiltrant du col.

L’Etat précancéreux, qui précède le cancer infiltrant, porte le nom de cancer intra-epithelial ou encore de cancer in situ ou encore de "stade 0". A ce stade, les cellules cancéreuses sont strictement limitées à leur lieu de naissance et n’ont pas franchi la frontière qui les sépare des tissus voisins (membrane basale). Il s’agit donc d’un cancer potentiel. On peut I’assimiler à une "déclaration de guerre sans franchissement des frontières". Le passage au stade de cancer invasif peut se faire après plusieurs années. On dispose donc d’un temps assez long pour dépister et pour traiter cet état précancéreux en prévenant ainsi I’apparition du véritable cancer du col. La notion d’âge est importante. le cancer du col peut atteindre la femme jeune, avec une moyenne d’âge de 40 a 45 ans. la précocité des rapports sexuels rajeunit I’âge d’apparition des dysplasies qui peuvent être observées des 25 ou 30 ans.

LE SIEGE

La tumeur siège le plus souvent sur la partie du col qui fait saillie dans le vagin (exocol). II s’agit de la partie directement accessible par le toucher vaginal et visible à l’inspection directe par la mise en place d’un écarteur vaginal. Parfois, la tumeur siège à I’interieur du col dans le canal qui relie le col à la cavité utérine proprement dite (endocol). Ce siège peut entraîner un retard dans le diagnostic par les seuls moyens cliniques. Enfin, quelquefois, le cancer peut se developper sur un moignon de col laissé en place après une ablation partielle de I’uterus pratiquée quelques années auparavant (par exemple une hystérectomie subtotale pour fibrome). Il s’agit donc de patientes qui doivent bénéficier du dépistage exactement dans les mêmes conditions que dans le groupe de personnes non opérées.

LES SIGNES

Il faut bien distinguer deux situations différentes :
- Le cancer du col sans signe

C’est celui qui est dépisté par un examen gynécologique systématique c’est dire I’importance du rôle du médecin praticien ou du gynécologue, cet examen pouvant être pratiqué dans le cadre d’une consultation gynécologique ou même d’une consultation de médecine générale. Le frottis vaginal est l’examen le plus important pour dépister le cancer du col ou les états précurseurs de ce cancer. Le recueil des sécrétions vaginales et des sécrétions du col se fait grâce à une petite spatule en bois. Cet examen, absolument indolore, est pratiqué après la simple mise en place d’un spéculum. Après étalement sur une lame de verre des sécrétions prélevées, on peut connaître la nature des cellules recueillies par le frottis. L’ancienne classification PAPANICOLAOU, initiateur de la méthode, donnait 5 classes de lecture de gravité croissante. La classification internationale distingue trois degrés dons la dysplasie : dysplasie légère, modérée, sévère.
Les dysplasies sévères sont assimilables, pour la conduite à tenir, à I’epithelioma intra-epithelial du col utérin. La constatation d’un frottis dysplasique doit entraîner des examens complémentaires et notamment une biopsie par fragments du tissu du col utérin avec une pince. Le repérage précis du siège du prélèvement peut être aidé par un examen à loupe binoculaire, appelé colposcopie. C’est grâce au frottis vaginal que I’on découvre de plus en plus de lésions dysplasies ou de cancers à un stade intra-epithelial, ce qui entraîne bien entendu une diminution des cancers découverts à un stade invasif.
Cependant, il y a encore une lacune importante dans le dépistage des cancers du col utérin. En effet, 5 millions de frottis environ sont réalisés annuellement. Ceci permettrait d’assurer un dépistage efficace si les frottis vaginaux étaient distribués de façon logique, c’est-à-dire au rythme d’un frottis tous les 3 ans si le précèdent frottis vaginal est normal. Malheureusement, on constate une répartition inégalitaire des frottis avec parfois répétition annuelle de I’examen chez des personnes à faible risque alors que des populations à risque plus élevé ne sont pas atteintes par les campagnes d’information. II est également regrettable que la pratique du frottis vaginal soit abandonnée le plus souvent après I’âge de 50 ans, alors que le risque de cancer du col utérin se maintient après cet âge. II convient de le pratiquer jusqu’à 65 ans.

- Le cancer révèle par des signes cliniques

Ces signes sont relativement discrets au début et se caractérisent essentiellement par des pertes anormales. Le plus souvent, ce sont de légers saignements de très faible quantité survenant entre les règles. Ces petits saignements ont une grande valeur d’alarme, ils peuvent être provoqués par de légers traumatises : rapports sexuels, voyages, toilettes. Bien qu’étant de très faible abondance, ce symptôme doit être considéré comme un signal d’alarme et justifier systématiquement une consultation médicale. II est faux de parler d’ "hémorragie" au sens ou l’entend le grand public : saignements abondants avec présence de caillots, ce symptôme caractérise des formes beaucoup plus évoluées. Quelquefois, les saignements sont remplacés par de petites pertes rosées ou brunâtres qui ont la même valeur d’appel. La prudence doit donc faire pratiquer un examen gynécologique pour toute perte sanglante ou non, quelle que soit son abondance. A ce stade ou la tumeur a commence à se manifester par des signes cliniques, on doit arriver à mettre en évidence un très grand nombre de formes précoces pour lesquelles I’espérance de guérison est très grande. Le médecin traitant ou le gynécologue sont à même de faire, par I’examen clinique, le bilan d’extension de la tumeur. On détermine ainsi des stades cliniques d’extension (tout à fait différents des classifications des frottis vaginaux dont nous avons parlé plus haut) :

  • au stade 1 , le cancer est strictement limité au col
  • au stade 2, il déborde sur la partie avoisinante du vagin
  • au stade 3, il infiltre le tissu cellulaire qui entoure normalement I’uterus
  • au stade 4, il commence à infiltrer les organes voisins (vessie en avant, rectum en arrière).

Si le diagnostic d’extension est fait par l’examen clinique (toucher vaginal, toucher rectal, examen au spéculum), le diagnostic de certitude est toujours amené par un prélèvement biopsique.

LE TRAITEMENT

Deux notions générales sont fondamentales pour comprendre le traitement des cancers du col utérin :
1) ce cancer se développe lentement , précède par des états précancéreux que Ion peut guérir dans 100 % des cas.
2) même lorsqu’il s’agit d’un authentique cancer, il garde pendant longtemps une extension purement locale ou régionale (ganglions de voisinage). Les métastases à distance sont relativement rares et tardives, donc, pendant très longtemps, la tumeur sera accessible à des traitements locaux ou régionaux comme la chirurgie ou la radiothérapie.

- Le traitement au stade intra-epithelial :
A ce stade, la guérison est obtenue dans tous les cas ; seul est discuté le choix du meilleur traitement ; en effet, chez les femmes jeunes, on peut envisager la guérison sans ablation de la totalité de I’uterus. Ce traitement, appelé cotisation, consiste en I’ablation en tronc de cône de la partie de I’utérus porteuse de la maladie, par voie vaginale, sans incision abdominale. Cette cotisation, dans un certain nombre de cas, a pu être suivie d’une grossesse, car I’ablation du col utérin n’entraîne pas la perte de la fécondité, sous réserve d’une surveillance attentive pendant la grossesse.

- Le traitement aux stades précoces (stades 1 et 2)
Dans ces stades, la tumeur n’est pas fixée et plusieurs procédés thérapeutiques donneront les mêmes taux élevés de guérison :
- chirurgie seule, hystérectomie totale avec vérification des ganglions du pelvis, - radiothérapie associant une application de césium et un traitement par irradiation externe, - traitement mixte associant le césium, la chirurgie et les rayons. Le traitement du cancer du col utérin est un des chapitres de la cancérologie ou la patiente peut connaître le plus grand désarroi devant la multiplicité des traitements que l’on peut lui proposer selon qu’elle consulte telle équipe media le ou telle autre. II y a toutefois, dans cette apparente complexité du traitement, un fait extrêmement rassurant : chacun des traitements proposes, quand il est appliqué de façon rigoureuse, permet d’envisager la guérison de 90 % des tumeurs au stade 1 et de 70 % des tumeurs au stade 2. II est possible que, dans I’avenir, le choix entre les divers traitements procède non pas des pourcentages de résultats obtenus (à peu près égaux) , mais de la qualité des guérisons et des conditions de reprise d’une vie normale après la guérison. II est réconfortant de constater que I’on ne juge plus les méthodes thérapeutiques sur les seuls résultats bruts mais également sur I’absence de séquelles et sur la qualité de la vie après le traitement.

- Le traitement des stades evolués (stades 3 et 4) fait appel, le plus souvent, aux radiations. Ces traitements lourds permettent d’espérer encore la guérison de 35 % des stades 3 et de 10% des stades 4.

CONCLUSIONS

La lutte contre le cancer du col utérin est exemplaire. On note en effet des progrès dans la prévention, le dépistage et le traitement. II est toutefois important d’assurer une bonne information du public, notamment sur le dépistage par le frottis vaginal car cet excellent examen n’est pas encore utilisé de la façon la plus efficace possible. Il conviendrait de prendre exemple sur un pays comme la SUÈDE ou la planification rigoureuse du dépistage a abaissé la mortalité par cancer du col utérin de la 2eme a la 14eme place de la mortalité par cancers féminins en 20 ans.

LES CANCERS DU COL UTERIN

On l’appelle encore cancer de l’endometre car c’est le nom de la muqueuse qui tapisse intérieurement la cavité utérine. Bien qu’il soit de siège très voisin, il est tout a fait différent du précèdent par ses causes, son diagnostic et son traitement.

LES CAUSES

- A l’inverse du cancer du col, lié a un état inflammatoire ou irritatif, le cancer du corps est en relation avec un état hormonal. On le définit comme un cancer hormonodépendant facilité par les oestrogenes (folliculine). Ce temps d’action des oestrogenes doit être très long, ce qui explique la plus grande fréquence des tumeurs en cas de puberté précoce et de ménopause tardive. Ce temps de préparation est si long que la tumeur ne se manifeste habituellement qu’après la ménopause. L’âge moyen est de 60 a 65 ans.
Un point d’actualité concerne le rôle favorisant que pourraient jouer les hormones oestrogeniques prises après la ménopause dans un but thérapeutique (traitement des troubles de la ménopause, prolongation de la féminité). Des études ont montré une relation possible entre ce type de traitements (quand il est trop prolongé) et I’apparition d’un cancer de l’endometre. Cependant, si la prescription d’oestrogènes comme traitement substitutif de la ménopause est associée a la prescription de progestérone, la majoration du risque de cancer de I’uterus n’est plus observée.
Enfin, ce cancer parait se développer plus favorablement en cas de sur nutrition avec excès de graisse. C’est ainsi que Ion constate une association fréquente avec d’autres troubles métaboliques provoques par I’hypernutrition : obésité, hypertension, diabète. En définitive, la fréquence du cancer de I’endometre est en légère augmentation pendant que se manifeste un recul très sensible de la fréquence du cancer du col utérin. En 1940, on dénombrait 1 cancer du corps pour 10 cancers du col, en 1970, 1 pour 3 ; probablement dans 10 ans, le cancer du corps sera plus fréquent que le cancer du col.

LES SIGNES

Le signe d’alerte essentiel du cancer du corps utérin est un saignement se manifestant en période post-ménopausique. La valeur de ce signe est capitale mais elle est parfois sous-estimé par la patiente, soit que la perte sanglante soit minime, soit par négligence. Tout saignement survenant en période post-menopausique doit conduire à pratiquer un certain nombre d’examens à la recherche d’une lésion sans que I’on s’attarde à des diagnostics de facilité comme celui de "retour d’âge". Quelquefois, ii ne s’agit pas d’évacuation de sang mais de pertes troubles ou franchement purulentes provenant de la surinfection de la tumeur dans une cavité close.

LES MOYENS DE DIAGNOSTIC

L ’examen radiographique de I’uterus (hysterographie) doit toujours être pratiqué en présence d’un saignement postmenopausique. Il peut donner des images de forte présomption de cancer mais aussi parfois des images rassurantes de polypes endo utérins ou d’hypertrophie simple de la muqueuse.

L’echographie utérine permet d’apprécier le volume de I’uterus, I’épaisseur de ses parois ou d’éventuelles végétations dans sa cavité.

Le diagnostic de certitude sera comme toujours apporté par le microscope. On peut recueillir des cellules par le moyen d’une petite sonde avec une seringue qui permet l’aspiration d’une petite quantité de liquide de lavage injecté dans la cavité. Cette méthode ne nécessite pas d’anesthésie ni d’hospitalisation. Par contre, le prélèvement d’une quantité plus importante de tissu nécessite un petit curetage biopsie réalise sous une brève anesthésie générale.

LE TRAITEMENT

Le traitement le plus souvent appliqué est I’ablation de I’uterus (hystérectomie totale), parfois suivie par une application de césium pour éviter les récidives possibles sur la partie haute du vagin qui peuvent se produire après I’hysterectomie. En cas de contre-indication opératoire, tenant au terrain (grand âge, forte hypertension, obésité), de bons résultats peuvent être obtenus par les moyens radiotherapiques. Dans l’ensemble, on peut espérer guérir 70 a 80 % des tumeurs du corps utérin.

LES CANCERS DE L’OVAIRE

Les tumeurs de I’ovaire sont le domaine le plus préoccupant de toute la cancérologie gynécologique. La fréquence de ce cancer a augmenté de 60 % dans les 20 dernières années. Le nombre des décès atteint 3.000 par an en France. Le progrès dans le traitement est moins rapide qu’on ne I’avait espéré quand sont apparus de nouveaux traitements chimiques dérivés du platine. En effet, habituellement, on considère que les formations liquidiennes ou kystes sont bénignes et que les formations pleines sont plus souvent malignes. Au niveau de I’ovaire, c’est un peu diffèrent, les kystes sont habituellement bénins mais certains kystes contenant des végétations peuvent être cancéreux. Par ailleurs, des tumeurs ovariennes pleines, solides, peuvent être non cancéreuses (fibrome ovarien), II s’agit donc d’un domaine ou encore une fois I’examen microscopique aura le dernier mot en matière de bénignite ou de malignité. Les tumeurs ovariennes sont les plus graves des cancers gynécologiques. L’espérance de guérison pour tous les cas réunis est voisine de 30 %. Du fait de la situation profonde des ovaires, le diagnostic précoce est rarement possible ; par ailleurs, les ovaires sont libres dans la cavité peritonéale et des cellules malignes peuvent diffuser sur la surface du péritoine.

LE CLASSEMENT SIMPLIFIE DES TUMEURS DE L’OVAIRE

On peut très schématiquement considérer qu’il y a dans l’ovaire 4 grands types de tissu :
- une coque de revêtement
- contenant un stock d’ovules
- dans un tissu conjonctif d’emballage
- avec parfois des résidus embryologiques (primitivement, le bourgeon génital est ambivalent et se différencie secondairement en glandes génitales femelles ou mâles. Il peut persister du tissu embryonnaire ambivalent et parfois même du tissu mâle). Chacun des 4 types de tissu peut donner plusieurs types de tumeur ayant chacune des signes, des comportements, des traitements différents. Toutefois, les tumeurs du revêtement sont les plus fréquentes (80 %). On les appelle epithelioma papillaire à cause de leur tendance à former des franges, fragiles, friables, qui peuvent se séparer de la tumeur et se greffer dans la cavité péritonéale.

LES SIGNES

La gravité des cancers de I’ovaire vient de la possibilité d’une évolution longue avec des signes cliniques discrets, d’une grande banalité, peu inquiétants, et n’attirant pas l’attention. Il peut s’agir de troubles de règles ou de douleurs pelviennes modérées. Parfois, c’est une augmentation de volume de I’abdomen liée soit au développement de la tumeur, soit à une réaction d’épanchement liquidien dans le péritoine (ascite). Certaines variétés de tumeur s’expriment par des troubles hormonaux (cas des tumeurs développées à partir de I’ovule ou à partir des résidus du bourgeon génital). Ces troubles hormonaux sont variés :
- chez la petite fille : puberté précoce
- chez la femme en période d’activité génitale : possible syndrome de masculinisation
- chez la femme ménopausée : réapparition des menstruations.

Parfois le cancer de l’ovaire est découvert lors d’une intervention chirurgicale nécessitée par une complication aiguë : accident de torsion ou de saignement intraperitoneal d’une tumeur jusque la méconnue. C’est l’intervention chirurgicale pratiquée en urgence qui désigne l’origine de la complication. Enfin, il y a malheureusement place pour des signes révélateurs traduisant déjà une complication, par exemple :
- ascite (épanchement de liquide dans la cavité péritonéale)
- ou pleurésie contenant des cellules malignes.

LES MOYENS DE DIAGNOSTIC

on comprend qu’il soit nécessaire de multiplier les méthodes de diagnostic pour essayer de compenser les difficultés réelles d’un diagnostic précoce par les seuls examens cliniques. Malheureusement, certains examens, qui permettraient le dépistage, sont relativement lourds et ne peuvent pas être proposes systématiquement, c’est-à-dire en l’absence de symptômes attirant I’attention sur une maladie ovarienne.
L’examen gynécologique (toucher vaginal, toucher rectal) ne permet pas toujours de percevoir la tumeur, soit à cause d’un petit volume, soit parce que déplacée en situation haute dans I’abdomen. L’exploration par ultrasons (échographie) donne de bonnes images du contenu de la cavité pelvienne et abdominale. En particulier, l’echographie permet de reconnaître à I’interieur d’un kyste ovarien des végétations qui le rendent suspect . La méthode cytologique (recueil de cellules pour étude au microscope) peut donner de bons résultats. Le liquide de lavage peut être recueilli le plus souvent par une ponction à I’aiguille pratiquée à la partie haute du vagin en arrière du col utérin.

L’exploration visuelle directe, non opératoire, peut être pratiquée sous anesthésie locale par l’introduction d’un tube porteur d’une optique lumineuse permettant d’explorer la totalité de la cavité pelvienne et abdominale. Cette technique appelée LAPAROSCOPIE ou COELIOSCOPIE offre de gros avantages dans le diagnostic des cas difficiles ; elle permet egalement sous contrôle de la vue, le prélèvement de fragments tissulaires au moyen d’une petite pince introduite a travers le laparoscope. Enfin, dans certains cas, si la suspicion de tumeur est suffisamment établie, on peut proposer une laparotomie exploratrice pour un inventaire plus précis.

LE TRAITEMENT DES TUMEURS DE L’OVAIRE DEMEURE DIFFICILE

Il fait appel à la combinaison de plusieurs traitements : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie. Le temps chirurgical est essentiel. II consiste en I’ablation de I’utérus et des ovaires, de I’epiploon, et de toutes les localisations éventuelles de tissu tumoral sur le péritoine. On dit alors que la chirurgie a obtenu une "exérèse tumorale macroscopique ment complète". On sait qu’il peut cependant persister des foyers microscopiques, invisibles ; la chimiothérapie complémentaire est alors indiquée. Parfois, I’ablation de la totalité de la masse tumorale n’est pas possible. On pratique alors une chirurgie de "réduction tumorale" en fonction des possibilités techniques en confiant à la chimiothérapie le traitement des foyers tumoraux résiduels. On peut aussi être amené à ré-intervenir après chimiothérapie pour refaire un bilan précis de la situation et pour enlever des reliquats. Ce deuxième temps chirurgical ("deuxième regard" , ou "second look") a des indications bien précises et n’est plus considéré comme systématique dans tous les cas. La chimiothérapie des cancers de I’ovaire a fait de gros progrès au cours des dernières années par I’apparition de nouvelles drogues actives sur ces tumeurs, en particulier les dérivés du platine. Leur efficacité est telle qu’elles peuvent rendre opérable un cancer de I’ovaire considéré initialement comme inopérable. Dans certains cas, on doit adjoindre à ces traitements la radiothérapie. La surveillance après traitement d’un cancer de I’ovaire est complexe et peut faire appel a plusieurs examens complémentaires, notamment :

- échographie abdomino-pelvienne
- scanner abdomino-pelvien
- dosage des marqueurs biologiques.
II s’agit de substances sécrétées par la tumeur et véritables indicatrices de la situation Cantigene carcino-embryonnaire : ACE, et marqueur spécifique de I’ovaire : CA 125).

Ce que nous avons dit de la grande variété des tumeurs laisse place à une grande diversité dans les modalités de combinaison entre eux des trois traitements : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie.
II s’agit donc d’un domaine où la collaboration du chirurgien, du radiothérapeute et du chimiothérapeute doit reposer sur uneconfrontation étroite avant et pendant le traitement préalable ainsi que I’exige la cancérologie moderne.

Professeur Henri Pujol,
Président de la FEDERATION NATIONALE DES CENTRES DE LUTTE CONTRE LE CANCER

Réactions à l'article :
Cliquez ici pour réagir à cet article

  • LES CANCERS DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ
    20 octobre 2007

    Juste faire remarquer des fautes de frappe sans doute : dans le paragaphe concernant le traitement du cancer du col de l’utérus au stade intra-épithéloial, il faudrait lire CONISATION et non COTISATION.
    Ensuite, il est inscrit en titre "cancers du COL utérin" au lieu de "cancers du CORPS utérin.
    Bien cordialement
    Virginie

    • LES CANCERS DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ
      14 novembre 2007, par Giselle Penat

      Bonjour et merci de cette remarque.
      Les articles diffusés - et pour certains déjà anciens - émanent de sources diverses, dont souvent de revues de la Ligue contre le Cancer ou autres.
      Les articles n’ont pas été, au moment du post sur le site, ni relus ni corrigés, d’où quelques "coquilles", que nous ne remarquons plus au fil du temps.
      Merci.
      Je vais essayer de corriger cet article.

      Cordialement
      Giselle


  • LES CANCERS DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ
    17 mai 2006, par Hélène

    Bonjour,`
    Je ne sais pas si vous êtes à jour.
    J`ai eu un cancer du col détecté en
    1997. Traité et revenu en 1998.
    En 1999 une hystérectomie. Ensuite
    aucun traitement ou suivis.
    Maintenant en 2006, mon abdomen est
    de plus en plus volumineux (je suis petite, 1.52m 53 kilo), j`ai des dysuries diurnes telles que urgence, fuite à la toux et polyurie. Avant l`hystérectomie douleurs côté ovaire droit. Ovaire gauche retiré mais le droit, on me l`a laissé...Je suis toujours fatigué, souvent nauséeuse et depuis un certain temps j`ai une toux productive persistante...
    À quel spécialiste devrais-je m`adresser ?
    Je suis au Québec.
    Merci à vous !
    P.S. J`ai 40 ans et j`ai aussi l`herpès génitale...avec beaucoup plus de crise.

Tous les articles de la rubrique

Cette rubrique comporte 1 articles

 
Copyright © 2005 Cancer familles |Site réalisé avec SPIP |

Plus d'infos sur le squelette Spip S-I-I