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Date : 31 mai 2007
par  Giselle Penat

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Colère, Injustice


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Témoignage

Je reviens sur les messages de Marie-Annick exprimant toute sa colère, avec raison d’ailleurs.

Mais il arrive un jour, où il faut passer à autre chose et laisser tomber sa colère : apprendre à la canaliser en qq sorte. Il importe de savoir conserver notre énergie pour autre chose et de ne pas la gaspiller dans des sentiments et émotions vaines, car sinon on finit par tourner cette colère contre nous mêmes et nous n’aurons rien de plus .. de la haine envers et contre tout le monde, de l’aigreur ? et cela nous mènera où ? le cancer des nôtres n’en disparaîtra pas pour autant ..

Je souhaiterais remettre ces lignes écrites par une malade qui vit avec le cancer depuis 15 ans (je ne dis pas se bat, car se battre n’est pas le terme exact, on ne se bat pas contre le cancer, on le vit et pour les malades on en fait son-colocataire en l’intégrant à son quotidien).

il faut comme résolution aller de l’avant, combattre, garder l’espoir et surtout le moral qui sont les 2 moteurs de notre survie
à tous. Il y a une chose pire que la solitude et c’est de ne plus avoir le désir de vivre et avoir perdu l’espoir dans la Vie. Il serait peut-être important de savoir ce qu’on fuit, ce qui nous fait peur et vers quoi nous courrons. Il faut être conscient de nos actes et de notre façon de penser pour devenir responsable de notre vie. Dans la vie, nous ne sommes pas coupables mais bien responsables de notre vie.
Pour y parvenir, il faut être maître de sa vie, il faut se connaître intérieurement. C’est-à-dire dans sa vie personnelle et changer sa façon de voir la vie pour rétablir un meilleur contact avec la vie qui est là pour nous. Devant les épreuves, les difficultés, il faut toujours se référer à soi pour trouver la cause et les moyens de s’en sortir. Il serait important de se poser des questions :

Qu’est-ce que je fais moi ici maintenant pour continuer ma route sur la terre ?

Qu’est-ce que je fais pour enlever les barrières qui m’empêchent de trouver mon droit de passage ?

Qu’est-ce qui m’empêche d’être une personne heureuse et de sourire à la vie ?

Il serait bon de penser que chaque journée est un privilège et une journée importante pour la vie qui m’appartient. Il faut toujours être ravi à la perspective d’une journée nouvelle, un nouveau départ et un nouvel effort. Avec un peu de magie et d’imagination nous parvenons à découvrir des joies nouvelles.
Ceux qui gagnent, n’abandonnent pas. Ils s’accrochent dans la tourmente et attendent que la roue tourne.Ceux qui gagnent, tombent parfois mais savent se relever. S’ils échouent, ils ne l’imputent pas au destin, s’ils réussissent, ils ne l’attribuent pas à la chance.
Ceux qui gagnent, acceptent de prendre leur vie en main. Ceux qui gagnent ont des pensées positives et voient du bon en toute chose. Ils savent rendre le banal extraordinaire.

Ceux qui gagnent ont foi dans le chemin qu’ils ont choisi, même s’il est ardu, et même si les autres n’en discernent pas bien le tracé. Ceux qui gagnent sont patients. Ils savent que la valeur d’un travail est proportionnel à l’effort qu’il a coûté. Vous êtes de cette race là, de ceux qui font de ce monde, un monde meilleur. Alors battez vous, ayez l’espoir, le moral, le courage."

Message d’espoir qui vaut tout autant pour les accompagnants qui se battent auprès de leurs proches malades.

Sachez rendre oui le banal extraordinaire et faites de chaque jour un jour particulier. Comme l’a si bien dit le Dr.Leo Buscaglia (auteur & conférencier américain) :

« Une seule rose peut être mon jardin... un seul ami, mon univers. »

« Nous sous-estimons souvent le pouvoir d’un contact, d’un sourire, d’un mot gentil, d’une oreille attentive, d’un compliment sincère, ou d’une moindre attention ; ils ont tous le pouvoir de changer une vie. »

« L’amour vit l’instant présent, ne se retourne pas sur le passé ni ne s’inquiète de l’avenir. L’amour c’est maintenant ! »

« Vivez chacun de vos jours comme si c’était le dernier ; vous finirez bien par avoir raison. »

« Une existence sans amour, quoique l’on possède par ailleurs, est une vie vide, sans but. »

Et n’oubliez pas que personne, aucun médecin ne peut faire de prédiction chiffrée.

Alors, ne vous focalisez pas sur les échéances, qui n’ont aucun sens. Mais accompagnez les vôtres dans cette épreuve : accompagner, cela veut dire marcher du même pas, sans chercher à trop se poser des questions comme "combien de temps ?" "pourquoi elle ?", "pourquoi lui ?" "pourquoi moi ?", "pourquoi nous ?", "pourquoi maintenant ?" etc -

les pourquoi et les comment n’ont souvent pas de réponse. N’en cherchez pas et vivez chaque jour avec intensité, prodiguez de l’amour, de l’affection, de la tendresse à vos malades. La chimio du coeur prévaut sur tout traitement.

Tout cancer comporte de l’inconnu, de l’incertitude. Ce que sera demain, personne ne le sait, face à la maladie qui nous fait passer, et parfois dans une même journée du pire au meilleur et du meilleur au pire.

Le proche doit en être conscient ;

mais surtout essayez de comprendre ce que ressentent vos malades, quelles sont leurs angoisses, leurs peurs, leurs questions. Et rappelez vous que votre présence leur est irremplaçable, une présence pas obligatoirement physique mais affective.

Bien sûr que la colère du mari de Pomme est compréhensible mais à quel point doit-elle endurer ce qu’elle subit depuis des mois, alors qu’elle affronte déjà tant de choses ? qu’elle sort là de l’hôpital ? elle a un droit à l’aide et aussi le droit de crier "j’en ai assez, je n’en peux plus .."

On comprend la colère, le sentiment d’injustice dont se sent frappé le malade mais quand ces sentiments d’auto destruction et de destruction de son entourage perdurent et sont le quotidien d’une famille, il faut bien trouver une voie pour renverser la vapeur. Pomme a belle faire preuve d’amour, de compréhension, elle arrive au bout de ses limites et elle craque.

Bien sûr c’est toujours injuste ..trop injuste de voir souffrir les siens de la sorte et de se sentir si impuissants, coupables aussi de ne rien pouvoir faire ..

Le cancer nous est aussi insupportable car il met brutalement fin à nos rêves inavoués d’immortalité .. et nous ramène subitement, sans ménagement à notre condition d’être humain que nous oublions souvent .. il nous renvoie à notre propre mort tout simplement et nous ne sommes que des êtres de passage ... et pour certains ce passage va être terriblement raccourci .. le cancer nous oblige à un peu plus d’honnêteté, de sincérité, d’humanité, à revoir notre copie aussi dans beaucoup de domaines .. de spiritualité certainement ..

Le rôle de l’accompagnant n’est pas simple, non .. chemin dans l’a-côté, fait d’abnégations, de non-dits, de silences, tant le malade est prioritaire.
Mais nous avons le droit aussi de craquer, de le dire, de nous évader pour mieux recharger nos batteries et revenir en force auprès des nôtres. Souvent nous n’en voyons plus la necessité et pourtant .. il est nécessaire que nous prenions du recul, du temps pour nous afin de casser cette routine "cancer" qui nous fait oublier toutes les couleurs de la vie .. tout devient "cancer", là est le danger.

Accompagner un proche atteint d’un cancer est un défi de tous les jours. S’il n’y a pas de recette miracle, la communication et l’écoute de l’autre restent primordiales. Il y a toujours un fossé entre le malade et ses proches et nous ne pouvons pas, malgré notre amour, le franchir car nous ne serons jamais à la place de mais à côté de .. d’où cette énorme difficulté parfois.

"Il est parfois plus compliqué de regarder quelqu’un se débattre que de se débattre soi-même."

« La personne malade sait que personne ne peut vivre cette épreuve à sa place. Et pour l’entourage, il y a cette tristesse de ne pouvoir rejoindre l’autre dans sa souffrance. »

"Les proches ont mal eux aussi, ils se demandent comment aider la personne malade. Mais on ne peut pas se mettre à la place de l’autre. Il faut accepter d’être à côté. "

"Le proche ne doit pas forcément être dans le faire mais dans l’être. C’est leur présence qui importe. »

Mais rien ne nous prépare du jour au lendemain à endosser ce rôle d’accompagnant et nous allons devoir nous débrouiller avec nos propres questions, le quotidien, gérer les crises le mieux possible, être là toujours là .. faire face. On devient du jour au lendemain tout en un : co-patient, co-thérapeute etc.
Qui va prendre alors "notre souffrance en charge" ? comment ne pas se sentir souvent "largué" ? et on a l’impression de ne jamais en faire assez ou alors trop. Et pas question de se plaindre, nous ne sommes pas atteints nous par le cancer. Par "procuration" oui en qq sorte. Et nous ne savons plus parfois où est vraiment notre place. A nous de tenir l’équilibre quand tout fout le camp. Le cancer fait de nous d’ailleurs les champions de l’équilibre précaire, toujours vacillant entre espoir et désespoir, entre le mieux et le pire ..

Nous ne sommes pas des héros, les nôtres ne nous demandent de l’être, mais nous voudrions tellement être à la hauteur de leurs souffrances .. à vouloir trop en faire, nous devenons lourds et insupportables .. D’où la necessité d’être aussi entendu et écouté. Et nous sommes là pour en parler, ensemble c’est toujours plus facile, même si nous n’avons pas "la recette magique" ni la solution idéale. C’est certain.

Très sincèrement

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