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Date : 25 septembre 2007
par  Giselle Penat

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LA FIN DE VIE

POUR INFORMATION :
Plaidoyer des professionnels de santé et de bénévoles d’accompagnement

Le suicide assisté - Maïa SIMON -



pour info :

Plaidoyer des professionnels de santé et de bénévoles d’accompagnement concernant le débat sur la fin de la vie

Face aux propositions de légalisation de l’euthanasie, il nous parait indispensable de faire entendre une parole claire et forte des professionnels de santé sur les questions d’obstination déraisonnable et de suicide légalement assisté. Le débat s’est invité dans la campagne presidentielle, à l’instigation du lobby pro euthanasie. Un véritable plan de campagne médiatique a été organisé avec

L’interpellation des candidats au sujet du livre blanc de l’Association pour le droit de Mourir dans la Dignité / ADMD (Document pdf de 20 Mo : le temps de chargement peut donc être assez long sur certains ordinateurs)

La parution d’une "pétition" rassemblant des médecins et d’autres soignants affirmant avoir déjà euthanasié des malades (Nouvel Observateur du 7 mars 2007)

Le procès à Périgueux du médecin et de l’infirmière de Saint Astier qui ont tué une patiente en fin de vie avec du chlorure de potassium (condamnation à 1 an avec sursis pour le médecin et acquitement pour l’infirmière)

Notre responsabilité de professionnels et de bénévoles d’accompagnement est de réagir, en dehors de tout extrémisme et de tout dogmatisme, en nous appuyant sur notre pratique et nos valeurs éthiques.

Parce que ses arguments proviennent d’une pratique d’accompagnement quotidienne, ce texte à vocation à être signé

d’une part par les représentants des sociétés savantes concernées par l’accompagnement de fin de vie,

mais aussi par tout soignant ou bénévole qui se sent en accord avec cette déclaration.

Les citoyens qui ne sont ni professionnels de santé, ni bénévoles d’accompagnement peuvent aussi soutenir notre démarche. Leurs noms figure sur la liste des signataires à la suite celle des professionnels et bénévoles d’accompagnement. Des témoignages de situations de fin de vie peuvent également nous être adressées : cliquer ici
Le terme de Plaidoyer a paru à l’usage plus adapté que celui de manifeste interprété comme trop en réaction avec le Manifeste publié dans le Nouvel Observateur et favorable à la légalisation de l’euthanasie.

Le texte du Plaidoyer des professionnels de santé et de bénévoles d’accompagnement concernant le débat sur la fin de vie

Dans le contexte actuel de remise en cause de la loi d’avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, il nous parait nécessaire de préciser le point de vue de professionnels de santé ou de bénévoles d’accompagnement impliqués au quotidien par ces questions.

Il est essentiel de réaffirmer en préalable la complexité des problèmes posés. Ils appellent une réflexion approfondie et dépassionnée et non des solutions simples voire simplistes. Très souvent les arguments avancés font appel à l’émotion et à la souffrance générées par le tragique ou la perte : cette approche émotionnelle ne nous apparaît pas suffisante dans la recherche de réponses sages et prudentes. C’est bien une approche rationnelle a-dogmatique et une large concertation qui doivent être proposées pour éclairer le débat citoyen.

Les partisans d’une « légalisation de l’euthanasie » assimilent systématiquement deux questions pourtant fondamentalement différentes : d’une part la question du droit de chacun d’entre nous au refus de l’obstination déraisonnable et d’autre part la question du suicide légalement assisté. Cette confusion se retrouve de manière caricaturale dans une récente parution adressée aux présidentiables : le livre blanc de l’ADMD (« Fin de vie : une nouvelle loi est indispensable » Février 2007).

Concernant la revendication de certains à un suicide légalement assisté, il ne s’agit pas là d’un champ qui concerne directement les professionnels de santé que nous sommes. C’est une question adressée à l’ensemble de nos concitoyens et à leurs représentants. Il s’agirait pour ces partisans d’organiser par la loi un droit à l’assistance au suicide. Il concernerait donc des personnes ne souhaitant plus continuer à vivre et qui demandent à la société de les « aider à mourir ». Chacun est libre d’approuver ou non un tel projet de société. Notre rôle ici est d’attirer l’attention sur deux points :

Le droit au suicide de chaque individu n’est pas contesté par la loi actuelle. La création d’un suicide légalement assisté qu’envisagent certains modifierait radicalement notre fonctionnement social.
Il n’existe aucun argument recevable pour que si notre société décidait de reconnaître une telle « assistance légale au suicide », cette tâche soit confiée aux professionnels de santé. Donner la mort ne requiert aucune compétence médicale. Les professionnels de santé n’assumeront donc pas ce rôle !

La question du droit au refus de l’acharnement thérapeutique (ou obstination déraisonnable) est par contre au coeur de nos préoccupations quotidiennes. Nous y sommes directement confrontés en tant que professionnels de santé ou bénévoles impliqués dans l’accompagnement de malades en fin de vie notamment. C’est pourquoi nous avons soutenu la démarche d’élaboration de la loi d’avril 2005.

Cette loi est un élément important dans la clarification des enjeux. Elle apporte des solutions concrètes à ces questions difficiles. Portée par la patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, elle a vocation à être un modèle pour l’Europe et le Monde. Issue d’un large débat et d’un remarquable travail parlementaire, votée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale, elle affirme le droit fondamental pour chaque citoyen au refus de traitements inutiles et/ou dépourvus de sens. Elle établit clairement que c’est au sujet concerné (le malade) de décider ce qui est ou non une obstination déraisonnable pour lui.

Qu’il soit en fin de vie, ou qu’il soit maintenu en vie artificiellement par un artifice technique, le malade, capable de décider pour lui-même, peut arrêter tout traitement, y compris ceux qui, le cas échéant, le maintiennent en vie. Les médecins ont l’obligation de se conformer à cette décision. Lorsque le malade n’est pas en capacité de décider pour lui-même le médecin doit lui éviter tout ce qui peut apparaître comme de l’acharnement thérapeutique (ou obstination déraisonnable). Il doit pour cela s’appuyer sur les indications laissées par le patient lui-même (avant son incapacité) notamment au travers des directives anticipées et de la désignation d’une personne de confiance, ainsi que sur l’avis de la famille et des proches.

Deux ans après sa promulgation il est malheureusement exact que l’application concrète de la loi d’avril 2005 reste très imparfaite. En infraction avec elle, des situations d’acharnement inadmissible persistent. Il faut appliquer la loi et non la changer ! Nos concitoyens connaissent mal cette loi et les droits importants qu’elle leur confère.. Le pourcentage de patients rédigeant des directives anticipées et désignant une personne de confiance est infime. Certains professionnels de santé, également mal informés, ne savent pas comment appliquer la loi. Les patients qui ne peuvent faire valoir leurs droits et ne savent pas vers qui se tourner pour obtenir satisfaction.

C’est pourquoi, un certain nombre de mesures concrètes sont indispensables :

Organisation d’une campagne nationale d’information autour des possibilités offertes par la loi en direction du grand public
Organisation d’une campagne nationale de sensibilisation et de formation en direction des professionnels de santé
Création d’un Observatoire des pratiques en matière d’obstination déraisonnable dont les missions seront d’évaluer l’application concrète de la loi de 2005, d’organiser l’information, la sensibilisation et la formation évoquées ci-dessus. Il devra aussi assurer un rôle d’expertise pour les professionnels de santé et de médiation pour les malades et leurs familles dans les cas complexes d’application de la loi. Il s’agira d’éviter un recours judiciaire qui reste aujourd’hui la seule possibilité en cas de refus manifeste d’appliquer la loi. Cet observatoire devra associer l’ensemble des sociétés savantes concernées et coordonner la mise en œuvre de recommandations de bonne pratique afin de préciser les champs d’application de la loi aux différentes réalités cliniques.

En tant que professionnels de santé et que bénévoles d’accompagnement confrontés à la question de la fin de vie, nous pensons que l’interpellation des candidat-e-s à la présidentielle doit se recentrer sur une question fondamentale : quelles mesures prendre pour que soit mieux appliquée la loi sur les droits des malades et la fin de vie ? Cette clarification du débat nous apparaît comme un préalable essentiel à toute prise de position.

Les sociétés savantes signataires du Plaidoyer
La Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP)

La Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG) qui précise qu’elle participera activement aux débats afin de souligner les risques de dérive d’une dépénalisation de l’euthanasie pour la part importante de la population que représentent les personnes âgées malades et vulnérables

La Société Française d’Anesthésie Réanimation(SFAR)

La Société Française d’Hématologie (SFH), par la voix de son Président le Pr J-Y. Cahn

Le Groupe de Réflexion sur l’Accompagnement et les Soins de Support pour les Patients en Hématologie et en Oncologie (GRASSPHO), par son Président le Pr P. Colombat

L’Association Nationale des Médecins Généralistes exerçant à l’Hôpital Local (AGHL), dont le conseil d’administration s’engage aussi à soutenir le développement de la démarche palliative dans les hôpitaux locaux

plus d’infos sur wwww.sfap.org

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un article du site internet de RTL

Abîmée par le cancer, elle recourt au suicide assisté

Le témoignage poignant d’une femme qui a choisi de mourir. Une décision mûrement réfléchie pour Maïa Simon, une actrice française atteinte d’un cancer généralisé incurable. Elle a décidé d’aller en Suisse, avec des amis, dans une clinique spécialisée dans le suicide assisté - une pratique interdite en France. Elle est décédée mercredi matin, après avoir ingurgité une dose fatale de barbituriques. Elle avait accordé une interview exclusive à Olivier Geay la semaine dernière.
Elle a choisi son jour et son heure

Voilà une histoire émouvante qui relance le débat sur la fin de vie. Maïa Simon était comédienne. On l’avait vue au cinéma et dans des séries à la télévision comme les "Habits Noirs" ou "Thierry la Fronde". Au cinéma, elle avait joué notamment la maîtresse de Guy Bedos dans le film d’Yves Robert, "Nous irons tous au paradis", en 1977. Récemment encore, elle avait interprété la mère d’Emmanuelle Béart dans ’"Les témoins", d’André Téchiné. Elle s’était aussi construit une carrière basée sur le théâtre. Sa dernière pièce, "Copenhague", avait reçu 2 Molières en 1999. Elle même avait été nominée en 1997 pour son rôle dans la pièce "Un cœur français". Agée de 67 ans, elle a mis fin à ses jours mercredi (19 septembre) matin à Zurich.

Maïa Simon était atteinte d’un cancer généralisé incurable. Opposée à l’acharnement thérapeutique, elle souhaitait que les malades en fin de vie puissent décider de leur mort. Elle a choisi d’utiliser la méthode du suicide assisté, une pratique interdite en France. Elle s’est donc rendu en Suisse où cette pratique est tolérée. Elle a ingurgité une dose fatale de barbiturique prescrite par un médecin de l’association "Dignitas". Elle s’est rapidement endormie. Et au bout de quelques minutes, son coeur s’est arrêté de battre. Une semaine avant son geste final, elle avait accordé une interview au reporter de RTL Olivier Geay
Dans ce document, elle explique son choix. Elle évoque son refus de la déchéance physique et de la dépendance. Elle dénonce la toute-puissance des médecins et l’hypocrisie de la société française qui refuse qu’on choisisse sa fin. Elle interpelle Nicolas Sarkozy qui avait évoqué le sujet de la fin de vie durant sa campagne mais qui, une fois élu, se satisfait de la loi Léonetti de 2005. Elle appelle à un débat national pour faire évoluer la loi et les mentalités.
Un voyage surréaliste
De nombreux détracteurs dénoncent ce qu’ils appellent le "tourisme de la mort", d’autant qu’il faut payer : plusieurs milliers d’euros pour les frais, les médicaments, l’autopsie, la crémation... Mais pour Maïa Simon, c’est le fait de devoir quitter la France pour mourir qui est choquant. Les proches de Maïa ont tenté en vain de la dissuader de mettre fin à ses jours ; elle a eu beaucoup de mal à les convaincre de sa décision. Finalement, quatre d’entre eux ont décidé de l’accompagner. Ils sont partis avec elle en voiture en Suisse. Un voyage surréaliste, avec des rires et des chansons, un dernier resto, une ultime balade au bord du lac de Zürich.

Le corps de Maïa Simon sera incinéré vendredi. Ensuite, ses amis l’emmèneront une dernière fois en voyage pour disperser ses cendres au Kenya, comme elle le souhaitait. Et comme Maïa avait joué dans "Nous irons tous au Paradis", ils se disent pour se consoler qu’elle a juste pris un peu d’avance.

Extrait de l’ interview
"J’ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps, de tout ce qui se passe à l’intérieur, et pas seulement les poumons... Il y a plein de petites choses qui se déglinguent. Et je sens que j’arrive à la limite. Je pense que c’est le bon moment pour le faire.
Le problème, c’est qu’avec cette maladie, vous pouvez passer des paliers. Et puis brusquement, on vous hospitalise. Et là, vous rentrez dans le cercle infernal des soins. Même si vous refusez les chimios, je serais à l’hôpital. Je ne pourrais pas rester à la maison. Je rentrerais dans un cercle vicieux.
Donc au lieu d’attendre la mort de manière passive, puisque j’ai encore de l’énergie, j’organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis. Comme nous n’avons pas la possibilité d’accomplir cette chose en France, je suis obligée de partir à l’étranger. Quelque part, cette idée me séduit aussi, parce que ça me donne la possibilité d’une escapade. Et quand j’arriverai là bas, ce sera le grand bond. mais je ne pense pas à ma mort, je pense à cette évasion qui sera l’ultime. Cà, c’est une idée qui me plaît bien".
L.Farge avec Olivier Geay

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