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Date : 9 février 2008
par  Giselle Penat

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LES TRAITEMENTS

LES NOUVEAUX MEDICAMENTS EN CANCEROLOGIE

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS

LES TRAITEMENTS DE DEMAIN

Articles publiés par la LIGUE CONTRE LE CANCER



LES NOUVEAUX MÉDICAMENTS

La chimiothérapie

Il serait plus adapté de préciser chimiothérapie anticancéreuse : elle regroupe tout un ensemble de médicaments permettant de s’attaquer aux cellules cancéreuses.

Parmi ces médicaments, certains sont anciens comme le méthotrexate, le 5 FU (5 fluoro-uracile), le cisplatine pour n’en citer que trois parmi une longue liste, d’autres sont plus récents, voire très récents car les progrès dans ce domaine sont fort heureusement incessants.

Des évolutions conceptuelles

Les premières chimiothérapies anticancéreuses étaient peu ciblées, autrement dit, elles s’attaquaient aux cellules cancéreuses mais pas uniquement, de nombreuses cellules saines étant également détruites par ces substances particulièrement efficaces mais peu sélectives.

Aujourd’hui, la recherche développe des médicaments plus intelligents, plus ciblés et qui peuvent emprunter une voie indirecte pour attaquer la cellule cancéreuse plutôt que de la détruire directement, de façon agressive et plus ou moins spécifique. Un exemple très parlant est celui de l’angiogenèse, autrement dit de la formation de nouveaux petits vaisseaux sanguins dont la tumeur a besoin pour croître. Il suffirait qu’un médicament bloque cette angiogenèse qui fait partie du processus tumoral pour que la tumeur soit privée des moyens nécessaires à son développement.

Traiter un cancer, ce n’est plus seulement s’attaquer à la prolifération cellulaire en détruisant les cellules, c’est comprendre comment une cellule devient cancéreuse, autrement dit comment elle échappe à un phénomène normal de régulation, comment elle crée un environnement propice à son développement, comment, le cas échéant, elle organise sa dissémination.

Toutes ces questions ouvrent des voies de recherche qui sont déjà prometteuses comme peut l’être l’immunothérapie qui consiste à aider l’organisme à activer ses défenses immunitaires contre une tumeur.

Quelques molécules qui font parler d’elles

Herceptin® : cette molécule, l’herceptine, est proposée dans certains cas en complément d’une chimiothérapie conventionnelle pour traiter certaines formes de cancer du sein (déterminées par l’existence d’un récepteur spécifique). Les résultats sont encourageants et permettent de penser que les survies seront très nettement améliorées par ce produit.

Glivec® : ce médicament permet d’obtenir de très longues rémissions dans les leucémies myéloïdes chroniques ou d’obtenir une réduction tumorale très importante dans des sarcomes digestifs jusqu’à présent peu sensibles aux traitements médicamenteux.

Taxol® et Taxotère® : ces médicaments, respectivement paclitaxel et docétaxel, appartiennent à une famille ancienne où on trouve la vincristine. Mais ils apportent d’importants progrès. Ainsi, le Taxotère® a récemment montré qu’il permet d’améliorer la survie dans le cancer du sein métastatique, et qu’il pourrait également prévenir les rechutes.

Le cétuximab est un anticorps monoclonal qui permet d’améliorer les résultats de la chimiothérapie dans des situations difficiles comme certains cas de cancer colo-rectal en situation d’échappement thérapeutique, c’est à dire ne répondant plus aux chimiothérapies conventionnelles.

Des médicaments qui s’opposent aux facteurs de stimulation de l’angiogenèse (inhibiteurs de VEGF) sont également en développement, donc en situation d’études cliniques, avec des résultats encourageants. C’est le cas du semaxanib.

Antagonistes d’intégrines, antagonistes des récepteurs de l’endothéline sont d’autres classes de médicaments en cours de développement, témoignant de la vitalité de la recherche pharmaceutique en matière de lutte contre le cancer.

Mais d’autres pistes de recherche existent, par exemple l’amélioration de la galénique, c’est à dire la présentation du médicament.

Les progrès de la galénique peuvent permettre de diminuer la toxicité générale d’un produit avec pour conséquence la possibilité de l’administrer à de plus fortes doses au niveau même de la tumeur.

Quand le médicament est délivré spécifiquement sur le site du cancer

Aucun cancer ne peut résister aux médicaments les plus puissants dont on dispose, mais le problème est bien évidemment que ces médicaments ne sont pas anodins et s’attaquent aussi aux cellules saines. Traiter un organisme attaqué par un cancer est donc toujours une affaire de dosage, sinon de compromis, consistant à administrer la plus forte dose possible d’une chimiothérapie anticancéreuse, c’est à dire la dose la plus susceptible de détruire la tumeur mais sans pour autant constituer une menace vitale pour l’organisme. C’est là une des limites de la chimiothérapie administrée par voie générale et certaines stratégies sont aujourd’hui développées pour contourner cette limite et délivrer la chimiothérapie directement sur le site de la tumeur.

Une façon de faire mais qui n’est pas entièrement satisfaisante, est l’administration in situ, par l’intermédiaire d’un cathéter. Beaucoup plus sophistiquée est « l’encapsulage » de la chimiothérapie dans des vecteurs (missiles) qui vont avoir la propriété de reconnaître la tumeur, donc de se diriger spécifiquement vers elle, de la pénétrer et d’y libérer le médicament. Celui-ci ne diffusant pas dans le reste de l’organisme peut donc être délivré à des concentrations beaucoup plus élevées au niveau de la tumeur et donc accroître l’efficacité du traitement.

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LES TRAITEMENTS DE DEMAIN

Bien entendu, la chimiothérapie anticancéreuse continuera de progresser au cours des prochaines années comme elle n’a jamais cessé de le faire au cours des trente dernières années mais d’autres pistes se sont ouvertes, toutes prometteuses et qui ont pour nom thérapie génique, anti-angiogenèse ou immunologie.

La thérapie génique :

intervenir dès l’origine du cancer

La thérapie génique consiste à intervenir en quelque sorte sur le programme informatique qui, contenu dans les gènes, autrement dit les chromosomes, commande la multiplication des cellules.
C’est donc remplacer un gène défectueux, notamment en raison d’une mutation, par un gène de remplacement, apporté dans la cellule par un vecteur, en général un fragment de virus.
La thérapie génique offre plusieurs facettes : pallier à l’absence d’un gène répressif, dit « suppresseur de tumeur », introduire un gène programmé pour tuer les cellules cancéreuses (on parle de gène-suicide) ou un gène stimulant les défenses immunitaires.
Intellectuellement, toutes ces pistes sont très prometteuses mais la recherche est sans doute plus longue et plus compliquée que ce que certains ont pu laisser entendre il y a quelques années.

Ceci s’explique par le fait qu de nombreux gènes interviennent dans le cancer alors que la thérapie génique n’a pas encore maîtrisé les maladies qui font intervenir un seul gène.

L’anti-angiogenèse

L’angiogenèse, c’est littéralement la naissance de nouveaux vaisseaux destinés à irriguer la tumeur.
Cette angiogenèse est sous l’influence de substances sécrétées par les cellules cancéreuses (des facteurs de croissance vasculaire, notamment le VEGF), lesquelles assurent ainsi leur existence mais aussi leur développement en favorisant la croissance de ces petits vaisseaux qui vont leur apporter l’oxygène et les nutriments nécessaires.
L’anti-angiogenèse consiste à développer des substances qui vont bloquer ce processus et donc priver la tumeur de ses moyens d’existence.

Vaccination et anticorps monoclonaux

Notre système immunitaire repose sur des petits soldats, les globules blancs, programmés pour tuer tous les corps étrangers (antigènes) à l’organisme auxquels ils appartiennent. Pour cela, les globules blancs sécrètent des anticorps, un anticorps étant spécifique d’un antigène donné.
Malheureusement, il est des circonstances où le système immunitaire ne sait plus combattre non pas des cellules étrangères à l’organisme mais des cellules anormales ; les globules blancs, notamment les lymphocytes T, n’ont pas été programmés pour cela.
Le principe de la vaccinothérapie dans le traitement des cancers consiste principalement à programmer des lymphocytes T contre des antigènes spécifiques d’un cancer donné.
Cette piste reste aujourd’hui expérimentale mais des essais cliniques sont prometteurs.
En revanche, la stimulation du système immunitaire est déjà une réalité avec des substances comme les interférons.

La prévention personnalisée

La genèse des cancers est de mieux en mieux comprise. Pas encore suffisamment pour qu’une prévention personnalisée puisse être proposée au cas par cas mais il est vraisemblable qu’un jour viendra où l’analyse de la carte génétique d’un individu permettra de déterminer ses risques de développer tel ou tel cancer. La prévention consistera d’une part à tout faire pour ne pas l’exposer aux facteurs qui pourraient favoriser l’expression de ce risque, d’autre part, à recommander telle mesure de dépistage en attendant une époque plus lointaine où l’on serait capable de maîtriser le risque à son origine.

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