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Date : 9 février 2008
par  Giselle Penat

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LA THERAPIE GENIQUE

NOUVELLE METHODE DE TRAITEMENT :

LA THERAPIE GENIQUE

Article publié par la Ligue contre le Cancer



LA THÉRAPIE GÉNIQUE

La thérapie génique vise à remplacer un gène défectueux, responsable de la maladie, par un gène intact

Dans la mesure où le cancer est lié à un dysfonctionnement de certains gènes, la thérapie génique vise à remplacer un gène défectueux, responsable de la maladie, par un gène intact.
Les gènes codent pour des protéines. La thérapie génique permet ainsi d’empêcher l’action des protéines qui activent la prolifération anarchique de cellules ou de restaurer les fonctions des protéines qui contrôlent la division cellulaire.

Il s’agit non pas d’un traitement, mais d’une méthode de traitement. Le principe en est "d’injecter" dans une cellule un gène, soit pour suppléer à un gène déficient, soit pour faire fabriquer une substance destinée à détruire les cellules tumorales, comme l’Interleukine. Cette thérapeutique est encore expérimentale, c’est-à-dire qu’à l’heure actuelle, elle ne peut pas être prescrite en dehors d’essais cliniques.

Rappel des notions fondamentales

Définition d’un gène : "unité élémentaire de l’information génétique, contenue dans l’ADN des chromosomes".

Méthode d’introduction d’un gène étranger (transfection) :
pour qu’un gène puisse pénétrer dans une cellule étrangère, il faut le transporter par l’intermédiaire d’un vecteur qui, lui, peut rentrer dans une cellule. Le vecteur capable de pénétrer dans la cellule est le plus souvent (mais non exclusivement) un virus. Ce sont des micro-organismes, qui à l’inverse d’une bactérie, ne sont constitués que d’un fragment de la cellule. Les virus ont besoin de parasiter une cellule pour se reproduire. Ils ont donc la faculté d’entrer dans certaines cellules, en se fixant sur des récepteurs spécifiques. Dans la thérapie génique, on utilise un virus inactivé, donc inoffensif, porteur du gène que l’on veut introduire.

Plusieurs techniques sont en cours d’étude :

Stimulation des réactions de défense normales :

• Injection dans les lymphocytes d’un gène exprimant une substance qui détruira les cellules cancéreuses, appelée cytokine.

• La cytokine la plus souvent utilisée est l’Interleukine II.

• Des essais sont en cours dans des récidives locales, tel le cancer des bronches.

• Injection dans la cellule tumorale d’un gène augmentant l’antigénicité de la cellule afin d’augmenter les réactions de défense immunitaire : le résultat en est une approche de la vaccination active.

• Des essais sont en cours dans le mélanome.

→ Injection dans la cellule tumorale d’une enzyme la rendant sensible à un agent toxique : technique du gène "suicide".

Exemple : transfection dans les cellules tumorales d’un gène pour une partie d’un virus de l’herpès, ce virus rendra sensible la cellule à un médicament antiviral, le Gancyclovir. On administre ensuite le Gancyclovir, qui détruira les cellules transfectées et celles-ci infecteront à leur tour les cellules tumorales voisines. Plusieurs essais dans le monde sont en cours, en particulier dans des tumeurs cérébrales inopérables et déjà irradiées.

→ Injection dans les cellules tumorales d’un gène suppresseur p53 :

Le gène suppresseur p53 est un gène existant dans les cellules normales, mais qui a subi une "mutation" (ou modification) dans un grand nombre de cancers humains. Le gène p53 normal est un véritable gardien du génome qui intervient dans la régulation du cycle de la cellule. En cas de mutation de ce gène, une prolifération cellulaire incontrôlée se déclenche, provoquant un cancer. L’introduction d’un gène p53 " sauvage " ou naturel, a donc un effet antiprolifératif. Les premiers essais de thérapie génique par la p53 dans des cancers bronchiques sont encourageants.

Les contraintes

La thérapie génique est une technique lourde, nécessitant des précautions rigoureuses, par exemple, l’aménagement des locaux afin d’éviter toute contamination éventuelle de l’environnement : chambre en pression négative, stérile, d’où isolement strict du patient. Vérification permanente des réactions cliniques, biologiques, virologiques, aussi bien au niveau du patient que de tous les soignants. Tout le matériel utilisé (pyjamas, draps nécessaires de toilettes, serviettes, etc.…) est à usage unique.

Où en est la thérapie génique en France ?

Les programmes de thérapie génique en France ne peuvent se faire qu’après autorisation ministérielle et sous de multiples contrôles par diverses Commissions. Les programmes sont rigoureusement coordonnés. Actuellement on peut estimer que plusieurs centaines d’essais de thérapie génique sont en cours dans le monde dont plusieurs dizaines en France.

Dans un premier temps, on pourra espérer contrôler des maladies dites monogéniques, avec un seul gène impliqué. Ce sera beaucoup plus long pour le cancer, maladie où interviennent de nombreux gènes.

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Ligue contre le Cancer

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