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Date : 28 octobre 2008
par  Giselle Penat

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TRAITEMENTS

Article paru dans NICE MATIN - VAR MATIN
dans la rubrique SANTE

Dimanche 25 octobre 2008

www.varmatin.com

Compte rendu d’une réunion publique lors de journée mondiale de la douleur à Nice.



Douleur. Cancer. Dans l’opinion publique, ces deux mots sont souvent associés, participant beaucoup à la peur partagée par tous de cette maladie.
Mais la douleur est-elle réellement une fatalité ? Signe-t-elle la gravité du cancer ? Faut-il avoir peur des dérivés morphiniques parfois nécessaire pour la traiter ?
Ce sont quelques-unes des nombreuses questions auxquelles plusieurs spécialistes de la douleur, neurologues, psychiatres, psychologues .. ont tenté de répondre lors d’une réunion publique qui s’est tenue à Nice, lundi dernier, à l’occasion de la journée mondiale de la douleur.

Les faits sont là incontestables : parmi les 700 000 Français sous traitement pour un cancer, 53% souffrent de douleurs non ou mal maîtrisées, d’intensité moyenne à forte.
L’origine de ces douleurs est le plus souvent la maladie elle même, qui lors de son développement est susceptible de comprimer des structures de voisinage de la tumeur.
Mais il est faux de penser alors que "si le cancer fait mal, c’est que c’est grave".
Il n’y a là rien de systématique, certains cancers ne provoquant pas de douleurs, même à un stade avancé de la maladie, quand d’autres font d’emblée "mal" du fait de leur localisation.

L’autre grande cause de douleurs, ce sont les traitements anti-tumoraux eux-mêmes : chimiothérapie, chirurgie ou radiothérapie :
"Dans ce cas, les douleurs sont de type neuropathiques nécessitant des médicaments spécifiques" .
Enfin, et c’est peut-être le plus difficile à accepter, alors que l’on pense avoir laissé la maladie derrière soi, "près d’un tiers de patients guéris ou en rémission souffrent de douleurs sequellaires qui deviennent chroniques, avec un retentissement physique, psychologique et social majeur" a rappelé le Dr. Olivier RABARY (département douleur - CHU de Nice).

S’agit-il du prix à payer pour sa guérison ?

"Non, il n’y a pas de fatalité", répondent en choeur les experts, tordant le cou à cette autre idée reçue.

80% DES PATIENTS DEVRAIENT ETRE SOULAGES

Que faut-il dès lors penser de ces souffrances vécues, le plus souvent dans le silence, par des dizaines de milliers de personnes frappées par un cancer ? Inacceptables.
"L’arsenal thérapeutique dont on dispose, qui va des antalgiques faibles aux opiacées forts (dérivés morphiniques) doit permettre de soulager 80% des patients douloureux."

Les freins aujourd’hui sont nombreux, qui ont malheureusement ralenti les progrès réalisés en matière de prise en charge de la douleur despuis les années 80. Non-respect des recommandations émises, réticences injustifiées des patients, mais aussi des médecins eux-mêmes vis à vis de la morphine, insuffisance de suivi, certes complexe des malades, carences des centres de douleur, inégalités d’accès à certains traitements de recours et aux structures pluridisciplinaires de lutte contre la douleur chronique.

A mi-chemin du Plan de Lutte contre la douleur 2006-2010, mis en oeuvre par le gouvernement, qui place les douleurs cancéreuses dans ses priorités, il reste donc encore beaucoup à faire pour que la douleur cesse d’être cette deuxième peine infligée à des personnes déjà affaiblies par la maladie.

Article signé : N.C. NICE-MATIN/VAR-MATIN

Conférence grand public, intitulée "DOULEURS & CANCERS", organisée par le département d’Evaluation et de Traitement de la Douleur-Médecine Palliative du CHU de Nice.

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