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Date : 15 septembre 2009
par  Giselle Penat

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QUE DIRE A UNE PERSONNE EN FIN DE VIE ?

LA FIN DE VIE
suivre la petite voix du coeur ..



QUE DIRE A UNE PERSONNE EN FIN DE VIE ?

« Le Matin Dimanche » du 15 mars 2009 – Chronique SAGESSE – page 54
Journal suisse : http://www.lematin.ch/

Par Rosette POLETTI, infirmière, pédagogue et psychothérapeute
matinpsycho@bluewin.ch

www.rosettepoletti.ch

avec la collaboration de Barbara DOBBS

« Quand je visite ma voisine atteinte d’un cancer, je ne sais pas que dire »

« En ce moment je vais faire des visites à une voisine atteinte d’un cancer et bientôt en fin de vie. Je me pose beaucoup de questions quant au contenu de nos conversations. Comment ne pas commettre d’impairs ? Si vous pouviez donner quelques pistes, je vous en serais très reconnaissante ; je pense que nous pouvons tous être, une fois ou l’autre, confrontés à ce genre de problème ».


La mort de l’autre nous met face à notre propre mortalité : c’est donc, pour la plupart d’entre nous, une source d’angoisse. Voici quelques pistes pour aborder ces moments délicats.

La pensée de la mort est très souvent liée à la peur, à l’angoisse. On préfère ne pas y penser et s’investir dans la vie, dans l’action, on voudrait pouvoir oublier que cette vie a un terme pour nous et pour ceux que nous aimons. Jusqu’au jour où elle nous rejoint inopinément, à travers la maladie grave ou le décès d’un être cher. Faire face à la mort de l’autre nous rappelle notre propre mortalité.
De nombreuses recherches démontrent que les personnes en fin de vie sont souvent évitées par les amis et la famille et peuvent se sentir très seules. Pourtant, la plupart souhaitent mourir entourées de leurs proches et de leurs amis.

Les raisons évoquées par l’entourage pour espacer les visites sont :

« Cela le fatigue »

« Je ne sais pas quoi dire »

« Je risque de commettre des impairs »

« Je n’arrive pas à le regarder en face »

« Et s’il me demande s’il va mourir ? »

« Je vais pleurer »

« Je veux laisser l’espace à la famille proche »

« Je me sens comme un voyeur »

« Je ne l’ai pas revu depuis trop longtemps »

« J’ai peur de déranger »

« Ça me déprime .. » ………..

NE PAS FAIRE SEMBLANT

On peut, en effet, imaginer tout cela, et personne n’est obligé d’aller voir une personne en fin de vie s’il ne s’en sent pas capable. Cependant, l’essentiel est de savoir ce que souhaite la personne elle-même. On peut lui téléphoner, lui écrire, on peut se renseigner auprès des proches ou auprès des soignants si elle est hospitalisée. Lorsqu’on fait partie de la famille, et qu’on est en relation, la question de savoir s’il est utile de faire une visite ou non ne se posera pas, mais les questions en rapport avec la communication resteront posées.
Le point central à retenir, c’est qu’une personne en fin de vie, c’est tout simplement une personne vivante, qui le restera jusqu’à son dernier souffle !
La plupart des visiteurs se sentent anxieux et souvent inconfortables lorsqu’ils accompagnent un être aimé en fin de vie. Au lieu de faire semblant d’être à l’aise, et de parler de la pluie et du beau temps, il est possible de partager son ressenti avec celui ou celle qu’on visite : « Tu sais, je ne suis pas très à l’aise lorsque je visite quelqu’un à l’hôpital .. je voudrais tellement t’être utile et je ne sais pas vraiment comment .. est-ce qu’il y a quelque chose que je pourrais faire pour toi ? »
Souvent la personne malade dira simplement qu’elle est heureuse de la visite et que ce moment de relation est important pour elle. Il peut arriver aussi qu’elle ait mal ou soit fatiguée et qu’elle le dise directement. Il s’agit de bien prendre en compte ce message et de se retirer sans regret. Ce n’est pas la longueur du temps passé avec le malade qui est importante, mais la qualité de la relation établie. Quinze minutes peuvent parfois suffire.

QUE DIRE ET COMMENT SE COMPORTER ?

Voici quelques pistes qui ne sont que des pistes, car chaque situation est unique.

 Centrez-vous sur la personne malade, écoutez la, « écoutez les silences » qui peuvent se produire. Selon la nature de la relation, établissez un contact physique, comme de poser la main sur son avant-bras.

 Regardez-la, soyez à sa hauteur, assis à côté d’elle et non pas debout, alors qu’elle est assise ou couchée.

 Acceptez les émotions qu’elle exprime - révolte, tristesse, déprime – sans chercher à « remonter le moral » avec de fausses réassurances comme : « Tu verras, tu iras mieux très vite ; d’ici trois semaines les forsythias seront en fleurs et toi sur ton balcon ! » ; Au contraire, validez ce qu’exprime cette personne : « C’est vrai que cela doit être difficile pour toi de ne plus pouvoir te lever toute seule »

 Certaines personnes en fin de vie ne désirent pas parler de qu’elles ressentent et préfèrent aborder d’autres sujets, entendre parler de la vie, là-bas à l’extérieur, évoquer des souvenirs agréables ou des situations qu’elles ont partagé avec le visiteur.

 C’est la personne malade qui décide de l’échange. Certains n’aborderont jamais le thème de la mort, d’autres en parleront à plusieurs reprises. Il faut savoir que ce n’est pas toujours avec les proches ou les amis que le malade aborde ce sujet mais avec des professionnels ou des visiteurs bénévoles, moins impliqués émotionnellement.

 Les visites à un ami ou à un proche en fin de vie servent aussi à dire toute son amitié et tout son amour, à dire sa gratitude pour tout ce qui a été vécu ensemble. On ne dit jamais assez tout cela !

En conclusion, il est important d’écouter, d’accueillir ce qui vient sans juger et d’exprimer amitié, amour ou gratitude. Et respecter ses promesses, par exemple, ne pas promettre de revenir si on doute de pouvoir le faire.

A tous ceux qui ont à accompagner un proche ou un ami dans ce dernier bout de route, nous souhaitons de pouvoir le faire avec la plus grande sérénité possible, en écoutant leur cœur.

Rosette POLETTI

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Ouvrages de Marie de Hennezel :

« La mort intime : Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre » (Poche) - Préface François Mitterand

« Nous ne nous sommes pas dit au revoir » (Poche)

« Le souci de l’autre » (Poche)

« L’art de mourir » (Poche)

« Mourir les yeux ouverts » (Poche)


Ouvrages de Elisabeth Kübler-Ross

« Accueillir la mort » (Broché)

« Vivre avec la mort et les mourants » (Poche)

« La mort est un nouveau soleil : Quand la mort est une porte ouverte sur une autre vie » (Broché)


Autres ouvrages :

« En fin de vie. Répondre au désirs profonds des personnes »
de Bruno Cadart aux Editions Ressources 2004

« L’accompagnant » de Jean-Yves Revault aux Editions Jouvence


PS

« Le Matin Dimanche » du 15 mars 2009 – Chronique SAGESSE – page 54 Journal suisse : http://www.lematin.ch/

Par Rosette POLETTI, infirmière, pédagogue et psychothérapeute

matinpsycho@bluewin.ch

www.rosettepoletti.ch

avec la collaboration de Barbara DOBBS

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